Les pertes après récolte constituent l’un des défis majeurs pour l’agriculture malienne. Selon les estimations, entre 30% et 40% de la production agricole est perdue avant d’atteindre le consommateur. Le Centre pour le Développement du Secteur Agroalimentaire (CDA) mène des actions concrètes pour inverser cette tendance et améliorer la chaîne de valeur agroalimentaire.
L’ampleur du problème
Au Mali, les pertes après récolte touchent principalement les céréales (mil, sorgho, maïs, riz), les légumineuses (arachide, niébé) et les fruits et légumes. Ces pertes surviennent à plusieurs étapes : la récolte, le séchage, le stockage, le transport et la transformation. Les causes sont multiples : manque d’équipements adaptés, insuffisance des infrastructures de stockage, techniques de conservation inadaptées et conditions climatiques difficiles.
30-40%
de pertes après récolte
6.8M
tonnes de céréales
80%
femmes actrices
Les solutions proposées par le CDA
Le CDA met en œuvre une approche globale pour réduire les pertes après récolte, basée sur trois piliers :
1. Le stockage amélioré
Le CDA vulgarise des techniques de stockage modernes et adaptées au contexte malien. Les greniers améliorés, les silos en tôle ondulée et les systèmes de stockage hermétiques permettent de réduire considérablement les pertes dues aux ravageurs et à l’humidité. Ces solutions, accessibles et peu coûteuses, sont déployées dans les zones de production à travers tout le pays.
2. La conservation et la transformation
Les techniques de conservation comme le séchage solaire, la fumaison, le salage et la fermentation sont enseignées aux producteurs. Le CDA forme également les opérateurs aux techniques de transformation simples mais efficaces : décorticage du mil, mouture du maïs, production de farine d’arachide, transformation de fruits en jus et confitures. Ces activités de transformation permettent non seulement de réduire les pertes, mais aussi de créer de la valeur ajoutée.
3. Le conditionnement et le transport
Le conditionnement adéquat des produits transformés est essentiel pour préserver leur qualité tout au long de la chaîne de distribution. Le CDA sensibilise les producteurs à l’importance d’utiliser des emballages appropriés et de respecter les normes d’hygiène. En parallèle, l’amélioration des conditions de transport contribue à réduire les pertes liées à la manutention et aux déplacements.
En pratique : le cas du niébé
Le niébé (haricot cowpea) est une culture vivrière majeure au Mali. Traditionnellement, les pertes après récolte atteignent 25% en raison des charançons et de l’humidité. Grâce aux sachets hermétiques vulgarisés par le CDA, les producteurs de la région de Sikasso ont réduit ces pertes à moins de 5%, soit un gain de revenu de 20% pour les ménages.
Les résultats obtenus
Les actions du CDA en matière de réduction des pertes après récolte portent leurs fruits. À travers ses programmes de formation et d’assistance technique, le Centre a accompagné des milliers de producteurs et de transformateurs dans l’adoption de techniques modernes. Les zones d’intervention ont enregistré une diminution moyenne des pertes de 15 à 20 points, soit des économies substantielles pour les ménages ruraux.
Ces résultats témoignent de l’efficacité des approches promues par le CDA et renforcent la nécessité de poursuivre et d’amplifier les efforts dans ce domaine. La réduction des pertes après récolte n’est pas seulement une question de sécurité alimentaire, c’est aussi un levier de développement économique pour les zones rurales du Mali.
