La libéralisation de l’économie et l’encouragement des initiatives privées ont conduit à une croissance significative du volume des productions agricoles au Mali. Face à l’énorme poids économique du secteur primaire dans la formation du Produit Intérieur Brut (PIB), l’État malien a concentré ses efforts sur l’amélioration de la productivité agricole, avec un accent particulier sur les cultures d’exportation, en y consacrant d’importantes ressources techniques et financières.
Un secteur pilier de l’économie nationale
L’économie du Mali est essentiellement basée sur le secteur agropastoral. Les plus fortes contributions à la croissance économique proviennent des secteurs primaire (36% du PIB) et tertiaire (38,5% du PIB). La part du secteur secondaire dans le PIB global se situe à 18,5%, ce qui témoine du potentiel de développement de la transformation agroalimentaire dans le pays.
Avec plus de 80% de la population active impliquée dans l’agriculture, le secteur agricole reste le principal employeur du pays. La production céréalière a atteint environ 6,8 millions de tonnes en 2011, démontrant le potentiel considérable du Mali en matière de production agricole.
« Le développement de la transformation agroalimentaire est un levier essentiel pour créer de la valeur ajoutée à partir des ressources agricoles du Mali. »
— Centre pour le Développement du Secteur Agroalimentaire
La transformation agroalimentaire : un enjeu stratégique
La transformation agroalimentaire permet de réduire les pertes de production et d’assurer la disponibilité des produits agricoles en allongeant leur durée de conservation. Ainsi, les produits transformés contribuent à renforcer la sécurité alimentaire du pays. Environ 80% de la production agricole réalisée au Mali est le fait des femmes et des enfants, ce qui souligne l’importance du rôle de ces acteurs dans la chaîne de valeur agroalimentaire.
L’évolution de l’industrie malienne, selon les périodes, a été marquée par la création des Sociétés et Entreprises d’État dans les secteurs vitaux de l’économie, puis par l’ouverture aux initiatives privées. Cette libéralisation a permis l’émergence d’acteurs dynamiques dans le secteur de la transformation.
Les défis à relever
Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent pour le secteur agroalimentaire malien :
- Les pertes après récolte — qui restent considérables en raison du manque d’infrastructures de stockage et de conservation
- La faiblesse des techniques de transformation — qui limite la valeur ajoutée des produits locaux
- L’accès au marché — les producteurs peinent à atteindre les marchés urbains et internationaux
- Le financement — l’accès au crédit reste un frein pour les petits transformateurs
Le Centre pour le Développement du Secteur Agroalimentaire (CDA) travaille activement à relever ces défis à travers l’assistance technique, la formation et la diffusion de technologies adaptées aux acteurs du secteur.
Perspectives d’avenir
L’action du CDA vise à développer un tissu d’unités agroalimentaires diversifié, réparti sur le territoire national et capable de créer davantage de valeur à partir des ressources agricoles du pays. À travers l’accompagnement des entreprises, des coopératives et des porteurs de projets, le Mali peut transformer son potentiel agricole en véritable moteur de développement économique.
La Stratégie de Développement du Secteur Agro-alimentaire (2011) et le plan d’actions décennal 2012-2021 posent les bases d’une transformation structurelle du secteur, avec des objectifs ambitieux en matière de production, de transformation et de commercialisation des produits agricoles maliens.
